L’Homme est une espèce communautaire, qui, par nature, existe grâce au groupe auquel il appartient. Nous savons biens que notre évolution, l’épanouissement de notre identité ne sont possibles que par le rapport aux autres. Les espaces publics paraissent donc des lieux importants pour notre existence. L’absence de ces relations aux autres ne permet pas la remise en questions, ni l’évolution.
« […] une place privilégiée doit être accordée aux espaces publics comme symbole du « vivre ensemble ». En effet la ville n’est pas une simple concentration spatiale d’emplois et de logement. » Cynthia Ghorra-Gobin, Les espaces de la mediation : reinventer les « espaces publics » comme symbole de la mediation, commission nationale francaise pour l’UNESCO.
L’espace public semble être de plus en plus rationalisé, fonctionnalisé, il se normalise, s’émiette, s’effrite. Il permet de moins en moins les circonstances d’échanges sociaux. Il tend à devenir un espace de transit entre deux espaces privés : un espace entre, un espace où chacun conserve son comportement individualiste, entrepreneur de sa propre vie.
Comment participer à la réaffirmation identitaire de l’espace publicen tant qu’espace collectif partagé ?
Comment faire pour que la ville ne soit pas un objet déjà construit, fixe mais qu’elle devienne un territoire à découvrir, à expérimenter ?
Comment permettre qu’il puisse exister avec et à travers l’autre ?
Comment vivre autrement la ville, produire des espaces de partages et de rencontres ? Comment créer des ponts, des liens, bâtir des espaces d’échanges, de glissement, d’imprévu, de non contrôle, où tout devient possible, où il y a de la place pour ce qui n’est pas programmé, pour la surprise, la découverte ?
Comment tisser du lien social ?
Comment multiplier les rencontres ? Comment densifier la superposition des lectures ? Comment faire sortir l’individu de son comportement privé dans l’espace public ?
Nous cherchons à rendre les possibles à nouveau disponibles, à donner prise à la construction de nos espaces communs. Nous désirerions donner à expérimenter l’espace public aux personnes qui le pratiquent au quotidien, permettre le décalage, le changement de point de vue, la prise de recul, enrailler l’usage routinier, sortir des automatismes. Nous voulons amener une prise de conscience des possibilités que nous offre l’espace public dans le but d’y modifier durablement nos rapports. Il nous semblait nécessaire de nous inscrire dans un lieu précis, un quartier pour pouvoir soulever ces questionnements et les mettre en œuvre.
Comment faire en sorte que des revendications individuelles prennent une dimention publique, politique ?
La ville de Malakoff nous a paru être propice à faire émerger ces problématiques. Notamment grâce au travail d’urbanisme participatif engagé autour de la place du 11 novembre.